Livre : Guénon, prophète du nouvel ordre mondial ? (06/07/2026)
Crise économique, mondialisation, perte des repères, déclin de l'Occident… Et si René Guénon avait décrit, il y a près d'un siècle, les bouleversements que nous vivons aujourd'hui ?
Dans "La Crise du monde moderne" (1927) puis "Le Règne de la quantité et les signes des temps" (1945), le philosophe développe une critique radicale de la modernité et annonce l'entrée dans une période de profondes ruptures. Près d'un siècle plus tard, ses analyses résonnent avec une étonnante actualité.
Rémi Soulié, philosophe, écrivain et animateur de l'émission Les Idées à l'endroit sur TVL, signe la préface de la réédition de ces deux ouvrages chez LIF. Il revient sur la pensée de René Guénon, son regard sur la crise de la civilisation occidentale et l'actualité d'une œuvre qui continue de susciter débats et interrogations.
Rémi Soulier est interviewé par Pierre Bergotu de TV Liberté. Le présent article est une récension de cet entretien.
Récension
Cette interview explore la pensée de René Guénon, ses idées sur l’histoire, la métaphysique, la tradition, et leur lien avec le monde moderne et l’ordre mondial.
Introduction et contexte
-
- Rémi Soulier présente Guénon comme un penseur critique du monde moderne, en rééditant deux de ses œuvres majeures.
- Ces ouvrages, écrits en 1926 et après 1945, offrent une critique radicale de la modernité, abordant la crise globale.
- La perspective de Guénon est cosmique, non historique, insistant sur la hiérarchie métaphysique plutôt que sur le temps linéaire.
La vision métaphysique de Guénon
-
- Guénon ne voit pas l’histoire comme un progrès, mais comme une involution, une dégénérescence de l’esprit.
- La hiérarchie commence par le principe ou la déité, descend vers l’esprit, l’âme, puis la matière.
- La société moderne s’éloigne de l’esprit, menant à une solidification et une matérialisation croissante.
- La crise actuelle est un processus de liquéfaction, de liquidation de l’esprit, confirmant la dégénérescence cosmique.
Le temps cosmique et la critique de l’histoire
-
- Guénon privilégie une lecture cosmique plutôt qu’historique, intégrant des notions hindoues comme kali yuga et manvantaras.
- La dégénérescence s’accélère dans l’âge de fer, considéré comme le plus court et le plus sombre.
- La tradition, selon lui, doit être conservée et transmise, notamment par la mémoire métaphysique ou la transmission sacramentelle.
Le rôle de la tradition et de la transmission
-
- La tradition primordiale est la source de toute connaissance authentique, transmise par des voies ésotériques ou sacramentelles.
- Guénon insiste sur la nécessité de préserver cette tradition face à la dégénérescence du monde.
- La transmission doit être discrète, réservée à un petit nombre d’initiés, pour éviter la confusion et le narcissisme des différences.
Guénon et le contexte occidental
-
- Guénon, enraciné en France, a vécu en Égypte pour s’éloigner de la dégénérescence européenne.
- Il a voulu rétablir l’intellectualité occidentale, tout en s’installant dans une tradition orientale, notamment islamique.
- Sa conversion à l’islam n’est pas une adhésion religieuse, mais une reconnaissance de la tradition authentique.
Relations avec l’action française et la franc-maçonnerie
-
- Guénon était proche des milieux traditionalistes français, liés à l’action française et aux néotomistes.
- Sa critique de la modernité s’oppose à la fois à la Révolution, la Renaissance, et la Réforme protestante.
- Il a été franc-maçon, participant à des loges comme la Grande Triade, tout en dénonçant les déviations de la maçonnerie moderne.
Les notions hindoues et la vision cyclique
-
- Maurras, critique de Guénon, évoque kali yuga et manvantaras, notions hindoues de cycles de temps longs.
- Guénon voit l’histoire comme un cycle, où chaque âge a une durée et une qualité propres, avec une fin inévitable.
- La dégénérescence accélère dans l’âge de fer, menant à la fin des cycles et à un renouvellement cosmique.
Le rapport aux religions et aux traditions
-
- Guénon insiste sur la complémentarité entre l’exotérique (religieux) et l’ésotérique (initiatique) dans chaque tradition.
- Il considère que chaque religion possède une dimension initiatique, souvent oubliée ou déformée.
- La gnose, pour lui, est une connaissance unitive, non une hérésie dualiste, et ne doit pas être confondue avec le gnosticisme chrétien.
Le rôle de Guénon dans la critique du modernisme
-
- Il condamne la Renaissance, la Révolution, et la modernité comme des erreurs métaphysiques.
- La modernité est vue comme une involution, une perte de l’esprit, menant à la matérialisation et à la liquidation.
- La solution n’est pas politique, mais la conservation de la tradition et la transmission de la connaissance métaphysique.
Le concept d’ordre mondial et eschatologie
-
- Guénon voit dans le chaos actuel une préparation à l’arrivée de l’Antéchrist ou du Mahdi.
- Le Mahdi, dans l’islam, est celui qui rétablira l’ordre, tandis que l’Antéchrist s’oppose à cette restauration.
- La fin des temps implique un jugement, où Jésus joue un rôle central dans la tradition islamique et chrétienne.
Conclusion et implications
-
- Guénon rejette toute forme d’exclusivisme ou de compétition entre traditions.
- Il prône une vision universelle, basée sur la métaphysique, pour dépasser les divisions religieuses.
- La véritable connaissance, selon lui, est une union spirituelle, une gnose unitive, accessible à un petit nombre d’initiés.
- Ce résumé synthétise la pensée de Guénon sur la métaphysique, la tradition, la crise moderne, et l’ordre eschatologique, tout en insistant sur la nécessité de préserver la transmission spirituelle face à la dégénérescence du monde.
Voir l'interview complète
Guénon, prophète du nouvel ordre mondial ?
Un autre regard
On pourra convenir que "l'Esprit" ne pense le "Monde" qu'au travers des "représentations" qu'il s'en fait. Comme la carte n'est pas le territoire, mais une image de celui-ci, cette représentation n'est qu'une construction de l'esprit et chacun aura la sienne, où par un échange de formes (d'informations) on recherchera une représentation consensuelle : un paradigme.
Cette représentation d'un même objet, pourra avoir un sens de lecture littérale, analogique, morale ou allégorique, mais ce qui importe c'est le mode de penser, où l'on doit savoir passer du général au particulier et réciproquement.. Passer de l'ésotérique à l'exotérique et réciproquement. Passer du métaphysique au physique et réciproquement.
Article en cours de construction
06:30 | Tags : rené guénon, rémi soulié | Lien permanent | Commentaires (0)