En hommage à Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938) (22/07/2026)
Mustafa Kemal Pacha, appelé Atatürk à partir de 1934, est un militaire et homme d'État turc né à Thessalonique en 1881 (officiellement le 19 mai) et mort à Istanbul le 10 novembre 1938.
Il est le fondateur et premier président de la république de Turquie de 1923 à sa mort.
Atatürk est élu à la présidence de l’Assemblée nationale à deux reprises, le 24 avril 1920 et le 13 août 1923. Il s’agissait alors d'une charge cumulant les fonctions de chef d’État et de gouvernement.
Lorsque la République de Turquie est proclamée le 29 octobre 1923, Atatürk en est élu le premier président pour quatre ans, conformément à la constitution.
La République turque se construit autour de principes inspirés de la Révolution française. L'unité de la République, la sécularisation, mais aussi l'occidentalisation et la modernisation du pays. En effet, le régime kémaliste au lendemain de la chute de l’Empire ottoman veut recréer une nouvelle identité nationale, étatiste et laïque sur le modèle rigoureusement suivi en tout point de la République française. Pour ce faire, Mustafa Kemal doit abattre les dernières institutions de l'ancien Empire ottoman. Une de ses premières mesures radicales fut de décréter la suppression des caractères arabes au profit de l'alphabet latin.
Enfin, l'unité nationale se veut structurée autour d'une unité ethno-culturelle forte. Les minorités allogènes (Arméniens, Grecs et Kurdes) doivent quitter le pays ou s'assimiler.
Source : Wikipédia
Atatürk était-il franc-maçon ?
Les affirmations sur Atatürk et la franc-maçonnerie
• Des allégations récurrentes évoquent une appartenance d’Atatürk à la franc-maçonnerie, notamment via des références dans des encyclopédies et ouvrages français.
• Daniel Ligou, historien français, mentionne qu’Atatürk aurait été membre de loges telles que Risorta et Veritas, mais ces affirmations manquent de preuves concrètes.
• Orhan Koloğlu, historien turc, souligne qu’aucun document officiel ne prouve l’adhésion d’Atatürk à la franc-maçonnerie, et que ses liens avec des loges restent spéculatifs.
Les liens historiques et politiques
• La fermeture des associations maçonniques en 1935 par Atatürk est expliquée par des raisons politiques, pour renforcer l’unité nationale, non par opposition à la franc-maçonnerie.
• Selon Celal Bayar, Atatürk n’avait ni sympathie ni antipathie envers la franc-maçonnerie, et la fermeture visait à stabiliser le climat politique.
• La coopération entre maçons et le gouvernement de l’époque est évoquée, avec des membres influents du gouvernement étant eux-mêmes maçons ou liés à eux.
Les témoignages et symboles
• Des déclarations de figures comme Falih Rıfkı Atay et Tevfik Rüştü Aras évoquent des liens avec la franc-maçonnerie, mais sans preuves définitives.
• Atatürk apparaît dans des listes de maçons célèbres, mais ces mentions sont souvent basées sur des suppositions ou des interprétations.
• La présence de son nom dans des événements maçonniques, comme des commémorations, est aussi discutée, mais ne prouve pas son appartenance.
Les enjeux idéologiques et interprétations
• Certains considèrent que la fermeture des loges était une stratégie pour contrôler ou éliminer la franc-maçonnerie, plutôt qu’une opposition.
• La perception de Kemal Atatürk comme un homme laïque et modernisateur influence aussi les discours sur ses liens avec la franc-maçonnerie.
• La question reste donc ouverte, sans preuve définitive, entre spéculations et interprétations historiques.
Conclusion
• La majorité des experts s’accorde à dire qu’aucun document probant ne confirme l’appartenance d’Atatürk à la franc-maçonnerie.
• La fermeture des associations maçonniques en 1935 est principalement vue comme une mesure politique, non liée à une opposition personnelle.
• La question demeure un sujet de débat, mêlant faits, rumeurs et interprétations diverses.
Pour aller plus loin ...
Pourquoi Atatürk a-t-il fermé les associations maçonniques ?
Contexte politique et social
• Dans les années 1930, la Turquie est en pleine transformation sous l'impulsion d'Atatürk, qui cherche à moderniser et à unifier le pays autour d'une identité nationale forte, laïque et centralisée.
• Les associations, y compris les loges maçonniques, étaient perçues comme des structures pouvant fragmenter l'unité nationale ou servir d'intermédiaires pour des influences étrangères.
Décision politique et justification officielle
• Selon le témoignage de Celal Bayar (ancien président turc et proche d’Atatürk), il n’y avait pas d’hostilité particulière d’Atatürk envers la franc-maçonnerie. Cependant, « comme le climat politique de l’époque montrait qu’il était plus bénéfique d’être uni, il a été jugé opportun de suspendre certaines associations. C’est la raison de la fermeture de l’Association maçonnique. »
• Il s’agissait donc d’une mesure visant à renforcer l’unité nationale et à éviter toute division ou influence extérieure potentielle.
Procédure de fermeture
• En 1935, Atatürk a interdit les activités de l’Union maçonnique internationale lors de sa convention à Istanbul.
• Les loges maçonniques turques ont alors décidé, de leur propre initiative mais sous la pression du contexte politique, de « s’endormir » (c’est-à-dire de suspendre leurs activités) et de reverser leurs biens aux centres communautaires (Maisons du Peuple).
• Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Şükrü Kaya, a déclaré que « les maçons turcs, voyant que leurs idéaux étaient inclus dans le programme principal du gouvernement, ont dissous leurs propres organisations. Le gouvernement n’a fait aucune tentative ni eu une quelconque implication dans cette affaire. »
Interprétations et débats
• Certains milieux nationalistes ont interprété cette fermeture comme une opposition d’Atatürk à la franc-maçonnerie, mais les analyses historiques montrent que la réalité était plus pragmatique : il s’agissait d’intégrer les idéaux modernisateurs et laïques de la franc-maçonnerie dans l’État lui-même, rendant les loges redondantes.
• Les activités et objectifs des maçons étaient désormais portés par l’État républicain, ce qui a motivé la dissolution volontaire des loges.
Exemple d’application
• Déclaration officielle de l’époque :
« La Société maçonnique turque, tenant compte de l’évolution sociale de notre pays et de ses énormes progrès croissant de jour en jour, et en observant la bonté découlant de l’application des principes démocratiques et laïcs prévalant dans la République de Turquie, de mettre fin à ses activités sans aucune loi à cet égard, et de travailler avec tous ses biens pour le développement social et culturel. »
Conclusion
Atatürk a fermé les associations maçonniques principalement pour renforcer l’unité nationale et intégrer leurs idéaux modernisateurs dans le programme officiel de l’État. Il ne s’agissait pas d’une hostilité personnelle envers la franc-maçonnerie, mais d’une décision politique visant à éviter toute structure parallèle ou potentiellement concurrente à l’État républicain et laïque.
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